Accueil » Méditation

Méditation

10290645_10153069540451329_1544817986934396387_n

Atelier de méditation à l’UdeM

Malheureusement, l’accès à la science et à la découverte scientifique est très limité. À 40$ l’article scientifique, le grand public y a très peu accès.

Cette page sera dédié à la vulgarisation d’article scientifique touchant le mieux-être et au delà! Si vous souhaitez partager une découverte, envoyez-nous l’article et le résumé au soi.lesalonzen@gmail.com!

 

UN SURVOL DE LA MÉDITATION

Par Daphné Bertrand-Dubois (2014)

Depuis quelques années, la méditation est devenue de plus en plus prédominante en recherche, notamment grâce aux découvertes surprenantes qu’elle apporte. Une nouvelle, publiée dans The Boston Globe le 26 novembre 2012, énonce quelques-uns de ces effets en s’inspirant de résultats de quelques études.

Dans une de ces études, des participants ayant suivi un cours de méditation (Meditation Based Stress Reduction) de huit semaines ont montré un changement important de densité dans des régions telles que l’hippocampe et autres structures impliquées dans l’apprentissage, la mémoire, la conscience de soi et l’empathie. Une autre étude a comparé des groupes de méditation pratiquant différentes techniques. Le groupe pratiquant la technique compassion-based meditation montrait plus de réponse envers les souffrances des autres, ce qui serait corrélé avec une diminution du taux de dépression.

Enfin, cette nouvelle montre que la méditation apporte des changements non négligeables dans le cerveau. En plus d’avoir certains bénéfices, ceux-ci varieraient selon la technique pratiquée. Parmi toutes les techniques, la plus étudiée est la pleine conscience.  Selon Kabat-Zinn (2003), la pleine conscience est un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans juger, sur l’expérience qui se déploie instant après instant.

Un pouvoir délibéré sur notre cerveau

Jusqu’ici, on pensait  que le cerveau exerçait un contrôle sur le comportement. Un article dans le McGill Daily énonce que ce contrôle n’est plus une voie à sens unique, c’est-à-dire que nous pouvons aussi avoir un contrôle sur notre cerveau. (Louie, 2014). Csikszentmihalyi affirme dans son livre Flow (1990), que tout ce que nous expérimentons – joie ou douleur, intérêt ou ennui – est représenté dans le cerveau en tant qu’information. Si nous sommes capables de contrôler cette information, nous pouvons décider ce à quoi notre vie ressemblera. En effet, il existe plusieurs phénomènes laissant croire que la conscience elle-même aurait un pouvoir non-négligeable sur notre cerveau, notamment grâce à l’effet placebo. Celui-ci est entre autres beaucoup plus utilisé qu’on ne le croit. Une statistique montre que plus de 60% des psychiatres sont d’accord ou fortement d’accord que les placebos ont un effet thérapeutique. (Raz et al., 2011)

Outre le phénomène du placebo, la pratique de la méditation montre des effets impressionnants. En psychothérapie, celle-ci est utilisée particulièrement dans les traitements contre la dépression et l’anxiété (Baer, 2003). Plusiuers études documentent les bénéfices de la méditation contre l’anxiété, la dépression, ainsi que sur l’augmentation du bien-être général. Il y a aussi des évidences que celle-ci diminuerait l’inflammation ainsi que d’autres contraintes biologiques se produisant au niveau moléculaire (Ricard, Lutz, et Davidson, 2014). Le résultat d’une étude montre même qu’il serait possible d’apprendre à moduler les réponses immunitaires de notre corps (Ledford, 2014). Cette affirmation porte à croire que la méditation pourrait éventuellement être utilisée plus largement par plusieurs figures de santé, et même dans le système pénal. En effet, il y a plusieurs décennies, la méditation Vipassana a été instaurée dans des prisons en Inde dans les années 1990. Plusieurs des prisonniers s’en sont retrouvés transformés, et depuis ce temps, cette technique de méditation se retrouve dans plusieurs prisons du monde (Karuna Films LDT, 1997).

L’utilisation de la méditation ou d’autres techniques alternatives, comme des programmes de concentration, pour traiter des troubles divers, auraient une implication énorme dans le domaine de la santé. Certaines pathologies pourraient être guéries grâce à certaines techniques plus durables et ne présentant pas d’effets secondaires.

Au-delà de la maladie

Présentement, l’attention de la communauté scientifique est portée presque exclusivement sur les aspects négatifs du comportement. En effet, l’aspect de l’amélioration, même en état de bonne santé psychologique, a tendance à être négligé. Cette vision est propre au courant de psychologie positive, qui, selon Seligman et Csikszentmihalyi (2000), est l’étude scientifique de ce qui rend la vie plus digne d’être vécu. Non seulement la méditation améliore l’attention, la concentration et diminue le stress, mais elle peut aussi être utilisée pour un objectif de plus grande envergure, comme un sentiment accru de bien-être (Davidson et Lutz, 2008). En effet, plusieurs définissent la méditation comme étant l’entretien des qualités humaines de base, comme être doté d’un esprit plus claire et stable, d’un équilibre émotionnel, et de sentiments de compassion et d’amour – qualités demeurant latentes tant que l’on ne fait pas d’efforts pour les développer (Ricard, Lutz, et Davidson, 2014).

Enfin, il est intéressant d’observer qu’avec la méditation, il est possible, avec un effort conscient, d’apporter des changements non négligeables sur notre santé physique et surtout psychologique. Ceci est clairement un message d’espoir énonçant qu’il est possible de se sentir mieux si l’on fait un effort, grâce à un entrainement délibéré, pour accomplir cet objectif.

 

 

Références

Baer, R. (2003). Mindfulness training as a clinical intervention: A conceptual and empirical review. Clinical Psychology: Science and Practice, 10(2), 125-143. doi: 10.1093/clipsy.bpg015

Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow : The psychology of optimal experience. New York, État-Unis : First Harper Perennial Modern Classics edition.

Davidson, J. et Lutz, A. (2008). Buddha’s Brain: Neuroplasticity and Meditation. IEEE Signal Process Mag, 25(1), 176–174. Repéré à http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2944261/?report=reader

Kabat-Zinn, J. (2003). Mindfulness-based interventions in context: Past, present, and future. Clinical Psychology: Science and Practice, 10(2), 144-156. doi: 10.1093/clipsy.bpg016

Karuna Films LDT. (1997). Doing time doing Vipassana [Vidéo en ligne]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=WkxSyv5R1sg

Ledford, H. (2014, 5 mai). Behavioural training reduces inflammation. Nature. Repéré à http://www.nature.com/news/behavioural-training-reduces-inflammation-1.15156

Louie, L. (2014). Rewiring your brain : exploring the mysteries of meditation. Repéré à http://www.mcgilldaily.com/2014/03/rewiring-your-brain/

Raz et al., (2011). Placebos in clinical practice: comparing attitudes, beliefs, and patterns of use between academic psychiatrists and nonpsychiatrists. The Canadian Journal of Psychiatry, 56(4), 198-208. Repéré à http://www.jgh.ca/uploads/Psychiatry/Articles%20PDF/Raz-et-al-Placebo-CJP.pdf

Ricard, M., Lutz, A. et Davidson, R. (2014, 14 octobre). Mind of the meditator.  Nature. Repéré à http://www.nature.com/scientificamerican/journal/v311/n5/full/scientificamerican1114-38.html

Seligman, M., Csikszentmihalyi, M. (2000). Positive psychology: An introduction. American Psychological Association, 55(1), 5-14.  http://dx.doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.5

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s